Le roi Naraï, né en 1632, qui régna de 1656 à1688 fut un souverain xénophile. Son règne fut marqué par une ingérence grandissante et finalement intolérable de l’occident dans les affaires siamoises. Le roi est en effet hanté par un sentiment d’insécurité car il a acquis le trône par les armes et compte donc de nombreux adversaires parmi les nobles, loyaux à son oncle ou à son frère qu’il a éliminés pour prendre la couronne. Il ne ceint la couronne qu’avec l’aide d’étrangers établis au Siam. Confronté aux Hollandais qui bloquent le fleuve Chao Phraya, il se rapproche d’autres nations. Les Français sont les plus favorables, d’abord par les missionnaires présents dès 1662 puis les diplomates, militaires, marchands de Louis XIV. Phaulkon arrive à point nommé pour régler les relations du roi avec tous ces étrangers. Naraï doit aussi contrôler le clergé bouddhique, qui veut profiter de la tiédeur religieuse du roi et de son intérêt pour la religion chrétienne pour mieux l’attaquer.
Naraï a deux frères de lait : Lek, futur Phra Khlang Chao Phraya Kosathibodi et Pan ou Kosapan, Phra Wisut Suntorn, futur ambassadeur du roi de Siam auprès de Louis XIV. Pétratcha, futur chef de l’éléphanterie royale et successeur de Naraï est le fils d’une autre nourrice du roi. Il a un fils (est-il son propre fils, ou bien le fils naturel de Naraï avec la fille d’un ennemi et que Pétratcha a élevé ?) impertinent et violent, qui sera anobli par Naraï sous le titre de Luang Sorasak et successeur de Pétratcha.
Juliette CHOVE

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